Mrs-Houna & - Moi
Je ne suis pas douée pour le chagrin. Par respect pour les êtres humains je souris. Mais je ne suis jamais à mon avantage en souriant, je ressemble à un homme qui jouit ou à un fou qui parlerait à son reflet dans une vitre. Je suis un pantin qui ne sait pas y faire avec le chagrin. Les médecins se sentiront désarmés face à mon cas. Je sais que la vie est une magie, que l'on ne gaspille pas la magie, j'y peux rien, je suis triste.
Le malheur a frappé à ma porte, un jour de semaine et depuis, il n'est jamais parti. Le bonheur quant à lui, je ne connais pas; je ne connais plus. Aujourd'hui nous vivons dans une société frivole qui rejette les sales connes dans mon genre. Je suis un cas désespéré, un déchet comme dirait l'autre abruti affalé dans son fauteuil. Bien sûr il n'a pas tord mais que voulez vous que je vous dise, les narcissiques n'admettent pas ces choses là.
Mon fiancé est un pauvre con & moi une petite salope, ça m'arrange qu'on soit tous les deux des échoués, des ratés ; on peut pleurnicher ensemble. Vous vous souvenez vous, de votre premier baiser? Vous étiez des "presque-amoureux", votre zizi était dur ou votre culotte un peu trempée & par derrière vous vous tapiez des putes. Un rayon de soleil traverse la fenêtre, ça ne me fera pas sourire, y'a longtemps qu'on a arrêté de faire l'amour, je suis en rédemption, j'attends de me faire détruire dans un attentat.
Il fut un temps, où nos deux corps ne faisait qu'un. Maintenant c'est chambre à part. L'idée de Baiser avec Lui me répugne. Je n'ai pas encore claquer la porte, mais tôt ou tard un de nous deux le feras. Je crois que Mon autre Moi ne veut pas partir. Elle est bien trop attachée à son petit bout de queue qui l'a fait tant jouir.
J'aime vivre comme une fourmi & je déteste la colère. Je me sens seule même si, au fond je le ressens, nous sommes plusieurs dans un même corps. La schizophrénie, c'est pour les nuls. Je ne peux pas m'afficher au salon du livre par exemple & dire à mes lecteurs que nous sommes plusieurs auteurs, qu'ils n'en aiment pas qu'une seule. A ce moment là, il faudrait que j'aille voir mon patron, lui demander un salaire plus élevé. Je me regarde dans le miroir du salon, je ne peux pas m'énerver, j'ai dit que je détestais la colère.
Hier soir dans les environ de huit heures, il claqua la porte. Je ne l'ai pas retenu. Ce fut la fin de notre idylle.
Quand je me suis réveillée, j'étais barbouillée de sang, j'ai tout de suite compris que mon autre Moi n'avait pas supporté la séparation.